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Vivre la pulsion, au delà du fantasme

Le 24 juin 1964, au terme de six mois d’enseignement sur « les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse », Lacan, s’adressant « à celui qui a passé par l’expérience de ce rapport opaque à l’origine [1], à la pulsion » s’étonne : « comment un sujet qui a traversé le fantasme radical peut-il vivre la pulsion ? Cela est l’au-delà de l’analyse, et n’a jamais été abordé » [2] Qu’est-ce que transmet Lacan, passeur de Freud passant la psychanalyse ? Qu’il y aurait une fin d’analyse, avec lui, inédite jusque là ? Que son enseignement viserait ce pas encore là ? Laissons-nous travailler par cette invocation…

Le fantasme inconscient et la découverte de la psychanalyse
La naissance de la psychanalyse est située habituellement au moment où Freud peut recevoir l’inattendu d’un rêve [3].
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Inconscient et transmission

« Qu’est-ce que l’inconscient ? La chose n’a pas encore été comprise »
J. Lacan. La méprise du sujet supposé savoir.
Institut français de Naples le 14/12/1967

Si nous voulons essayer de transmettre la singularité de l’inconscient découvert par Freud, nous avons à ne pas oublier qu’il y a une contradiction de structure, repérable chez Freud et nommée par Lacan, entre le désir dont l’analyste a la charge, désir avancé comme x par Lacan, et la résistance qui ne cesse de l’en décharger.

Notre point de départ est là, dans ce clivage propre à tout humain et donc à l’analyste. Sa lecture des textes de Freud et Lacan, sa pratique et les procédures institutionnelles où il s’engage peuvent porter l’analyste à osciller aussi bien entre un bon dedans qui héberge les vrais signifiés et un mauvais dehors où il rejette les faux signifiés, qu’à advenir comme bon entendeur, celui de l’inconscient freudien. Mais qu’est-ce, ce dernier ?
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La voix du père symbolique

« Qui ?, au-delà de celui qui parle au lieu de l’Autre et qui est le Sujet, qui y a-t-il au delà, dont le Sujet, chaque fois qu’il parle, prend la voix ? »
J. Lacan. Les noms du père. Séminaire inédit du 10/11/1963

Je vais essayer de préciser la fonction du père symbolique dans la mesure où elle permet d’évaluer ce que nous appelons le bain de langage indispensable à l’humanisation de l’enfant et, dans la cure, à la symbolisation.

Pour avancer, je m’appuierai sur l’énigme d’une rencontre archaïque (1) entre l’universel du langage spécifiant le pôle paternel et l’univers d’une langue privée, la langue maternelle. Si cette rencontre (2) est d’une inestimable valeur, c’est parce qu’elle conduit à l’inconscient de l’enfant comme création.
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APPROCHE DE LA QUESTION DU FEMININ*

En regard de l’enseignement de Freud et de Lacan

Je vais essayer de m’approcher du féminin dans le prolongement du savoir freudien lu par Lacan. Dans cette perspective, j’examinerai, dans un premier temps, la récusation du féminin à partir de « psychogénèse d’un cas d’homosexualité féminine »[1]

, texte écrit par Freud en 1920, dans un second temps, je déploierai la mise à la question du féminin lors de l’apparition de l’Autre, enfin, je proposerai une articulation entre la pulsion invocante et le féminin.

Freud et la récusation du féminin

Freud est amené à rencontrer une jeune fille de 18 ans, adressée par son père à la suite d’une tentative de suicide. Il apprend que, vers l’âge de 4 ans, cette jeune fille a découvert la différence des sexes lorsqu’elle a vu les organes génitaux de son frère aîné.
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